| Article paru dans l'Essor Savoyard | Rive Ouest : des associations réclament le retour de l'ancienne liaison ferroviaire Annecy-Albertville jeudi 29.04.2010, 14:00
Été 1978, l'un des derniers trains de marchandises circule sur la ligne que les trois associations veulent voir rouvrir. Été 1978, l'un des derniers trains de marchandises circule sur la ligne que les trois associations veulent voir rouvrir.
Ouverte au trafic en 1901 et fermée en 1988, la voie ferrée reliant Annecy à Albertville qui longe la rive Ouest du lac d'Annecy est aujourd'hui l'enjeu de discussion dans les pays de Savoie. Plusieurs associations militant activement pour sa réouverture. Il y a ceux qui veulent un "Fil", ceux qui rêvent de "Stics", ceux qui planchent sur un tram-train... Plus que jamais, la question du transport collectif est d'actualité dans le bassin annécien. Si la réalisation de la plupart de ces projets engendrerait de lourds travaux, il en est tout autre pour un quatrième dossier. Portée par différentes associations, dont la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (FNAUT), l'Association Genevois Chablais Faucigny des usagers des transports (AGCFUT) et l'Association Rail Dauphiné Savoie Léman (ARDSL), la remise en service de la liaison Annecy-Albertville repose sur la réouverture de la voie ferrée, qui longe la rive Ouest du lac d'Annecy. Un ouvrage qui n'a pas entièrement disparu du paysage, puisque le dernier train (de marchandises) à l'avoir emprunté du côté haut-savoyard remonte à 1988.
Plusieurs décennies d'activité Petit retour en arrière... Construite de 1895 à 1901 par la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (communément appelée PLM), la voie ferrée desservait au début de son exploitation quotidiennement les gares de Sevrier, Saint-Jorioz, Duingt, Lathuille, Doussard, Giez, Faverges, Marlens, Ugine et Marthod, avec une vingtaine de trains mixtes (voyageurs et marchandises). En 1935, le PLM mis en service des autorails rapides acheminant des passagers entre Lyon et Alberville, via Annecy. Une ligne qui fut supprimée lors de la création de la SNCF en 1937. Un an plus tard, l'ensemble du trafic de voyageurs fut suspendu et bascula sur route. Tandis que la ligne des pays de Savoie connut une deuxième vie lors de la dernière guerre, la Résistance s'en servant pour acheminer des munitions vers les fronts de Tarentaise et de Maurienne, c'est à partir de 1953, que le transport de marchandises disparu progressivement (Saint-Jorioz/Lathuille en 1953, Saint-Jorioz/Annecy en 1966, Lathuille/Ugine en 1988 pour ne garder en activité que la section Ugine/Albertville. C'est d'ailleurs ce tronçon qui serait au coeur de discussion en Savoie, puisque le Conseil général songerait à sa réouverture au transport de passagers. D'où l'envie de certains de pousser plus loin l'idée, en militant pour la remise en service de la totalité de la ligne.
Un projet porteur pour l'avenir du bassin Ce projet permettrait d'établir une connexion entre Genève (grâce au Ceva qui fonctionnera en 2016 entre Coppey et Grenoble via Annemasse, La Roche-sur-Foron, Annecy et Albertville) et Bourg-Saint-Maurice, ou Bourg-Saint-Maurice et Annecy en longeant la rive Ouest du lac d'Annecy. Un bon moyen de résoudre les récurrents problèmes de circulation routière entre Annecy et Saint-Jorioz notamment. Et pourquoi pas de s'intégrer au projet Annecy 2018, puisque le dossier serait inscrit au Schéma de développement des infrastructures de la région Rhône-Alpes à l'horizon 2030. Outre l'allégement du trafic routier sur la rive Ouest du lac, la remise en service de l'ancienne ligne de chemin de fer est d'autant plus intéressante pour les associations qui militent dans ce sens, qu'elles martèlent qu'au niveau du temps de trajet, les comptes sont déjà faits. En effet, l'un des représentants des associations n'a-t-il pas précieusement gardé les fiches horaires de la ligne datant de 1937 qui mentionnent un voyage de 50 minutes entre Annecy et Albertville en autorail, quand le même trajet aujourd'hui prend entre 1 h 20 et 1 h 30 en autobus ? Reste donc, selon les porteurs du projet à chiffrer sa réalisation, et convaincre les aficionados de la piste cyclable qui voient d'un mauvais oeil leur initiative. Côté lobbying, les contacts pour le promouvoir seraient déjà bien engagés. À suivre...
CÉCILE BOUJET DE FRANCESCO |